La profession de journaliste

Les petites entreprises, associations ou start-up qui débutent sur le marché ne disposent pas (encore) d'un conseiller en communication professionnel, parfois faute de moyens. Dès lors, il s'agit pour elles de se débrouiller seules pour se faire connaître et contacter les médias. Faute de connaissance en la matière, elles risquent de faire des erreurs dans leur manière d'aborder la presse et de diminuer leur probabilité de voir paraître un article les mentionnant. Par conséquent, mieux vaut prendre le temps de réfléchir avant de se lancer dans une campagne de communication, afin de poser des bases solides permettant d'atteindre les objectifs visés.

 

Avant d’envoyer tout azimut une invitation à la presse, avant de diffuser un communiqué de presse aux médias par e-mail ou par courrier, il s’agit avant tout de bien comprendre la profession du journaliste, son code déontologique et surtout la façon dont il va juger d’une information qu’elle est digne de paraître dans son journal. Car c’est d'abord lui qui choisit de cet intérêt, ensuite le rédacteur en chef qui va adhérer - ou pas - à la proposition de son collaborateur. 

Ce que le journaliste déteste, c’est qu’on croie qu’il est là pour promouvoir une entreprise ou des produits et qu’on le confonde avec une agence de publicité. Ainsi, il s’agit pour l’entrepreneur qui cherche à se faire connaître par le biais des médias de toujours garder en tête que :

  • Le journaliste n’est pas là pour promouvoir son entreprise et/ou ses produits ni pour se faire de la publicité.

Est-ce à dire que le journaliste n’est d’aucune utilité pour la promotion de votre entreprise et/ou de vos produits? Non, au contraire. Les médias jouissent pour la plupart d'une aura d'impartialité dont ne disposent pas les agences de marketing et de publicité. Ce serait par conséquent une erreur de négliger la presse dans un plan de communication. Mais la relation au journaliste est très subtile. Celui-ci ne fera certes pas la promotion directe de votre société, mais il pourra en parler dans le cadre d’un de ses papiers. Et la mention même du nom de votre entreprise dans un article sera déjà en soi une réussite, pour autant, bien sûr, que celle-ci ne soit pas associée à des appréciations négatives.

 

Car il ne faut pas oublier que:

  • Le journaliste a pour tâche de recueillir, choisir et traiter des informations pour les transmettre au public par le biais d’un article ou d’un reportage dans un média écrit ou audio-visuel.

Il s’agit certes d’une évidence. Cependant, certaines personnalités, qu’elles soient issues du monde politique ou commercial, conçoivent le journaliste comme un faire-valoir. Elles oublient que celui-ci est libre et n’est pas au service de ceux qui font appel à lui. Celui-ci relate des faits ou commente des événements et se doit d'être le plus objectif possible. Ainsi, il faut garder en mémoire que:

  • Le journaliste tient à son indépendance et son code déontologique lui impose d’être le plus impartial possible. Lorsqu’il se permet de prendre position, il est censé le présenter comme tel.

Le publiciste au contraire est chargé de la promotion des produits, son but étant de les faire vendre.

 

Enfin, s'il arrive que le journaliste présente de manière positive une compagnie, ses activités ou un événement lié à celle-ci, celui-ci pourra fort bien, à une autre occasion, rédiger un article négatif à l'égard de la même société. 

  • Le professionnel des médias peut transmettre aussi bien des informations positives liées aux activités de votre entreprise que négatives. 

Dès lors, l’entrepreneur se doit être beau joueur et admettre que la relation au journaliste n’est pas un long fleuve tranquille. Et il a tout avantage à rester transparent et cordial s’il veut établir une relation de confiance durable avec la presse. Ce, même lorsqu'une erreur se glisse dans un papier. Bien entendu, il ne faut pas hésiter à la communiquer au journaliste responsable, mais rester néanmoins courtois, de manière à ne pas porter préjudice aux futurs et éventuels contacts avec lui. En effet, s'il vous prend en grippe, il risque fort de ne plus répondre à vos sollicitations et n'y donnera suite que s'il ne peut pas faire autrement.

 

Si le professionnel des médias déteste qu’on cherche à l'utiliser, il faut songer que, la plupart du temps, il exerce cette profession par passion. Il est par conséquent difficile d'exercer ce métier sans les qualités suivantes:

  • Être curieux et aimer apprendre 
  • Être capable de chercher - et trouver - l’information
  • Pouvoir dénicher (s’étonner) la nouveauté, l’originalité, l’insolite
  • Aimer le contact avec autrui
  • Savoir transmettre par écrit ou par oral ce qu’il découvre.

Ce n’est qu’en gardant en mémoire ces quelques principes, que l’entrepreneur pourra établir une campagne de presse cohérente et digne d’intérêt.

 

Sylvie Guggenheim

Fondatrice et coordinatrice

RedaktiPro

Dans un prochain article, je relaterai quel est le type d’informations susceptibles d’éveiller l’intérêt du journaliste et nous verrons ultérieurement comment poser les bases d’une campagne médiatique.

© 2015 Sylvie Guggenheim. Tous droits réservés.

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